Tollund

Création - 1ère version (L'appel du destin) du 28 au 31 octobre 1994 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi.
Création - 2ème version du 9 au 17 décembre 1994, Le Botanique, Bruxelles.


Quelqu’un a écrit: “A trop fréquenter la peinture deVandercam, on risque bien d’en être habité”.  

Inspirée au départ par la peinture de Vandercam, mais aussi par ses céramiques et ses sculptures, je fus très vite envoûtée par l’univers qui s’y cache... C’est ainsi que j’ai découvert l’Homme de Tollund!

Cet homme né vers les débuts de notre ère, que Serge Vandercam a rencontré il y a trente ans au musée de Silkeborg au Danemark, habite depuis son esprit et, à travers son oeuvre, hante aujourd’hui le mien...

Mon projet se construit autour du corps et du visage de cet homme déposé dans la tourbière après avoir été pendu, objet priviligié d’un sacrifice rituel.  Aventure passionnante que de faire revivre en moi cet être humain mort il y a deux mille ans et qui , soudain, resurgit dans mon propre imaginaire.

J’ai été fascinée par les hasards de la destinée de cet homme qui, condamné à errer dans l’autre monde, resurgit soudain à la lumière promise et révèle, à travers sa solitude initiatique, des secrets humains essentiels, toujours essentiels pour nous aujourd’hui.

Le spectacle se veut la transposition de cette destinée, une transposition qui choisit la voie de l’abstraction figurative, refusant le pittoresque et l’anecdotique.

Michèle Noiret

 

Les Chants d’Odin

“J’en sais un douxième (de charme)
si je vois sur la potence
osciller un cadavre de pendu
je sais graver de telle sorte
et peindre des runes
que cet homme revient à soi
et m’adresse la parole”

“Je sais que j’ai été suspendu à l’arbre exposé au vent, neuf nuits entières
blessé par la lance et sacrifié à Odin,
moi-même sacrifié à moi-même,
nul ne me présenta ni pain ni hydromel.
Je scrutai ce qui se passait en bas:
voici que les runes à mon appel se révélèrent;
Là-dessus je tombai à terre.”


 

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