Radioscopies

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Court-métrage scénique - 52 '

Création les 12, 13, 14 mars 2015 au Théâtre Le Manège, à Mons
Dans le cadre de Mons 2015, Capitale européenne de la culture, et du Festival Via

Synopsis
Un inconnu se présente chez Léa ; elle n’a pas le temps de lui adresser un mot, qu’il s’est déjà faufilé à l’intérieur de sa maison. Sa recherche, vont conduire Léa dans les profondeurs de son propre monde intérieur à la rencontre de son double : là où réalité et fiction se confondent.

Genèse d’un projet
À l’occasion de « Mons 2015 », Michèle Noiret reçoit la proposition de travailler sur une interview de l’écrivain belge Conrad Detrez ; faite en 1978 par Jacques Chancel, à l’occasion du prix Renaudot qu’il venait de recevoir pour son roman L’herbe à brûler. Michèle Noiret hésite, car pour son projet de « court-métrage scénique », elle recherche le ton de la fiction plutôt que celui du du documentaire.

Pour cette création, une scénographie est déjà en cours d’élaboration : une section du studio de répétition de la chorégraphe sera recréé à l’identique sur la scène. Ce choix est motivé par l’envie de s’inspirer des lieux mêmes de création et de vie de la chorégraphe : le studio est situé dans son habitation privée, et cette situation offre des lieux de tournages, des « hors-champ familiers », accessibles à tous instants, inaugurant une sorte de mise en abyme de la création.

Le projet
Captivé par le roman L’herbe à brûler de Conrad Detrez, Michèle Noiret décide finalement de relever le défi en s’inspirant librement de certains passages de cette hallucinante auto-fiction, imprégnée des ambiances et des sensations fortes que cette lecture lui procure. C’est ainsi que l’on retrouve notamment, une atmosphère brésilienne inspirée des chapitres où le protagoniste est emporté dans la folie, la sensualité et les transes du Carnaval de Rio.

Elle trouve aussi des résonances dans l’interview de Conrad Detrez, notamment dans les propos suivants : le thème de la violence, induite notamment par l’ignorance ; l’idée qu’on ne peut réduire l’être humain à une étiquette, tentation constante dans les médias et la société d’aujourd’hui, et surtout, cette idée que le réel contient une part d’irréalité, qu’il y a un secret des choses, un secret du monde qu’il nous faut extraire — thème récurrent dans les créations de la chorégraphe.

Michèle Noiret va se saisir de cette dernière réflexion pour nous emmener, tout au long de la pièce, dans « ce secret des choses » dont parle Detrez, à travers les dédales tourmentés de son subconscient, par des chemins de traverses de plus en plus troublants. Elle va s’inventer un double personnage qui va lui échapper et vivre sa propre vie, en nous emmenant à la rencontre d’un homme surgi de l’ombre, vraisemblablement pure construction de son imaginaire.

Les métrages scéniques
Le projet des « métrages-scéniques »  est de rassembler une série de pièces, à travers le temps, en inventant, à chaque fois, une proposition singulière. L’idée du « métrage scénique », long ou court, est d’utiliser dans l’écriture des pièces, les principes du cinéma non-narratif. Une forme où la composition même de l’image, de la lumière, de l’ambiance sonore, ainsi que la présence des interprètes, donnent sens à une « histoire » ouverte, qui se dessine et se construit sans que les mots ne soient plus nécessaires, dans un espace-temps qui, n’obéissant plus à aucune loi rationnelle, met en évidence le dynamisme pluridimensionnel de la pensée.

 

Dossier artistique


 

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