Minutes opportunes - Presse

Quatre danseurs, un faux cadavre et une ribambelle de fantômes
“(...) On a beau vivre pendant plus d’une heure les derniers moments du futur cadavre, voire même assister à la scène de castagne dont il ne se relèvera pas, l’angoisse nous serre irrésistiblement les tripes. On a beau aussi accumuler les indices et avoir la sensation de mener l’enquête, on ne découvrira jamais le mobile, encore moins le véritable meurtrier (le brun rival ? La blonde ? La rousse ? Les trois ensemble ?). Ce qui n’empêche pas d’avoir la sensation de suivre pas à pas une histoire, d’entrevoir le mystère du passage à l’acte et de ne pas en perdre une miette. Le faux cadavre (plus qu’impeccablement interprété par le danseur Igor Shyshko, également remarquable chez Anne Teresa De Keersmaeker) devient un personnage livide plus vif que mort. Et la chorégraphe Michèle Noiret, un grand auteur de thriller chorégraphique.”
Rosita Boisseau, Le Monde, 8 mars 2011

 

Noiret à la Hitchcock
"D’une pièce à l’autre, Michèle Noiret affine un style sobre, dépouillé parfois jusqu’à la sécheresse mais toujours à très forte charge poétique. Ce sont ces caractéristiques-là que l’on retrouve dans Minutes opportunes, sa dernière création. Dans un décor minimaliste, un corps inerte se laisse manipuler par celui qui pourrait être son assassin ou le policier venu recueillir des indices, avant de se relever comme si, dans un temps aboli, les minutes décisives s’effaçaient pour laisser place à d’autres possibles. Cette situation hitchcockienne, d’ailleurs revendiquée comme telle, sert à Michèle Noiret de support pour une réflexion sur l’instant, sur ce qui soudain, peut faire basculer un destin, sur l’avant et l’après du moment opportun ou importun. Un quatuor d’excellents danseurs vient habiter ces Minutes opportunes, chacun avec sa technique singulière. (…)."
Sonia Schoonejans, Ballet 2000, janvier 2011


Minutes opportunes: un polaro-Bach

“Une constante chez Michèle Noiret : elle ne joue jamais deux fois sur la même technique, ni le même univers. Elle maîtrise parfaitement la vidéo mais peut très bien s’en passer, comme ici. « Scotchée » au monde de Lynch, la voici familière de Hitchcock. La valise du décor c’est l’éternel goût du voyage dans l’imaginaire, la marque de fabrique de Michèle Noiret.”
Christian Jade, BlogRtbf, 7 décembre 2010


Frissons, humour et suspense

"Explorant une nouvelle fois ses thématiques de prédilection (les rencontres humaines, la relation au temps…), Michèle Noiret livre un spectacle ludique, bourré de références au film noir à la Hitchcock et mettant en valeur quatre interprètes magnifiques. (…) Très vite, tout devient mystérieux dans cette pièce où des cadavres se relèvent pour danser et où des femmes disparaissent, happées par un bras venu de nulle part.
Chacun pourra voir ce qu’il veut dans ces relations étranges, tantôt conflictuelles, tantôt pleines de tendresse ou de quête d’un peu de chaleur humaine. La chorégraphe n’impose rien mais parvient à créer un climat de tension permanent nimbé de cet humour cher à Hitchcock. Quelques extraits sonores de ses films, des téléphones qui sonnent dans le vide, la musique de Bernard Hermann confrontée à celle de Bach complètent le dispositif de cette pièce étonnante, où les acrobaties des danseurs semblent d’une évidence absolue et dont les scènes les plus réalistes virent constamment à l’absurde, à l’étrange, à l’insaisissable.
Une chorégraphie brillante qui piège le spectateur de bout en bout et livre entre deux scènes à suspense de magnifiques envolées dansées en parfaite complémentarité avec certaines scènes plus réalistes ou narratives s’appuyant sur l’incroyable virtuosité physique des interprètes."
Jean-Marie Wynants, Le Soir, 26 novembre 2010


Polar chorégraphique

Michèle Noiret convainc avec “Minutes opportunes”. Quatre danseurs – et un perroquet – dans un suspense où se bousculent tendresse et humour.

"Sans être le moins du monde narratif, le déroulement de "Minutes opportunes" - son synopsis, son storyboard, pourrait-on dire, tant l’ensemble se révèle graphique sous les lumières précises, inventives, remarquables de Xavier Lauwers - emprunte à sir Alfred ses procédés dramaturgiques : le suspense, l’humour et le MacGuffin, cet objet matériel, éventuellement banal et chargé de mystère qui sert de prétexte au développement d’une intrigue.
(…) Bellement divers dans ses individualités, ses morphologies aussi, le quatuor s’amuse, c’est manifeste, et nourrit une danse intense, ni purement abstraite ni simplement figurative, mais emplie d’une vie, d’une vitalité, d’une fugace étrangeté, d’une inquiétude parfois ("whodunnit" , s’interroge-t-on dans le monde du polar), d’un grand sens du rebond, d’un soupçon d’ironie aussi, de manipulation surtout. Car le corps ici n’est pas seulement celui qui danse, le passeur d’un acte artistique, mais objet et sujet d’une préoccupation souvent cocasse.
Complicités, suspicions, échanges, suspensions, les relations qu’entretiennent les personnages chorégraphiques de Michèle Noiret se déclinent ici entre durée et instant, entre geste et suspens."
Marie Baudet, La Libre Belgique, 25 novembre 2010


 

up