Tollund - Presse

Création - 1ère version (L'appel du destin) du 28 au 31 octobre 1994 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi.
Création - 2ème version du 9 au 17 décembre 1994, Le Botanique, Bruxelles.

“Serge Vandercam, plasticien pilier de mouvement météorite “Cobra”, profondément ébranlé par la vision de ce sacrifice béat, a conçu l’antre originelle du spectacle, Xavier Lauwers l’a sculpté comme un royaume des ombres, Garrett List l’a musicalisé comme une ancestrale quête initiatique. Sous le regard rigoureux de Pascal Crochet, baigné par l’aimantation des régions insoumises à la raison, Michèle Noiret et Bud Blumenthal, danseurs et chorégraphes de la compagnie Tandem, ont théâtralisé et dansent le mouvement d’un duel organique, primitif au-delà de la conscience. Magnifiquement. (...) Leur duos sont superbes. Superbes aussi leur gémelléité, où le dieu métamorphosé et la femme semblables, dansent en miroir puis en portés, lui plus stratège rivé à elle, amazone instinctive de la survie. Elle qui, seule, accède à la source fertile des totems, son énergie matricielle, finira seule et debout, les yeux clos, le visage doux et déterminé, dans un halo intemporel. Immortelle”.
Claire Diez, La Libre Belgique, 12 décembre 1994


(...) “Par son corps, à son tour, Michèle Noiret a voulu lui redonner vie. Pour conter sa mort, son long sommeil et sa renaissance au temps, à la lumière, elle a dompté ses muscles, sa chair, ses os, cherchant de nouveaux mouvements absolument captivants. Couchée, presque nue dans la tourbe, elle craque et se tord comme un morceau de bois sec, la corde autour du cou. (...) Epoustouflante de maîtrise et d’inventivité, la danse de Michèle Noiret bouleverse par ses contorsions, par la lutte qu’elle livre à son corps pour créer un langage dédié à la seule aventure de Tollund. Pliée en deux, la tête en bas, elle défie les habitudes de vie prises par son corps, lui intimant une gestuelle de l’abandon tout à fait surprenante. A ses côtés, Bud Blumenthal incarne un dieu Odin à la fois complice et rival, effrayant et attendrissant, attirant comme la lame d’un couteau sur laquelle on est tenté de passer le doigt. Leurs duos, captivants, se dansent sur un fil qui oscille entre attirance et répulsion, vie et mort. Nourrie par une très belle sensibilité, une délicate humanité, un désir d’émouvoir, d’intriguer, la chorégraphie de Michèle Noiret doit aussi sa réussite aux éclairages narratifs et nuancés de Xavier Lauwers; à la très grande recherche musicale de Garrett List qui mélange les mille sons de pénombre et d’entrailles terrestres qu’il a inventés à l’impertinence de la clarinette; à la complicité des trois musiciens sur scène (Garrett List, Vincent Jacquemin, Danielle Hickman) et aux structures de Serge Vandercam, élancements de terre cuite torturés, contorsions proches du corps humain et du bois mort. Serge Vandercam sans qui Michèle Noiret n’aurait sans doute jamais connu l’homme de Tollund à qui elle donne si généreusement souffle, mystère et mouvement”.
Christelle Prouvost, Le Soir, 12 décembre 1994


(...) “Michèle Noiret et Bud Blumenthal, accord tangible d’une terre et d’un roc. Symbiose d’arts intègres à l’énergie drue, “Tollund”  s’offre tout brut au public. Pas de répit dans cette création exigeante qui hèle le corps et le coeur pour de singulières noces. Un travail pétri d’émotion, de force et d’écho. Chantier ou vivier de mémoire. (...) Sans doute faut-il avoir créé ce spectacle pour le danser. C’est l’énergie intérieure de Michèle Noiret qui guide le mouvement d’un personnage à la mémoire lacérée. C’est sa recherche personnelle qui fait de “Tollund” un moment grandiose, à la lisière de l’essentiel”.
Françoise Lison, Le Courrier de l’Escaut, 2 décembre 1995


 

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