Les Plis de la nuit - Presse

Création du 24 avril au 11 mai 1996, Le Botanique, Bruxelles

«Michèle Noiret sait choisir ses danseurs et mettre en valeur leur personnalité. Dans sa récente création pour la Biennale de Charleroi, Les Plis de la nuit, ils rayonnent tous avec bonheur: Emilio Gutiérrez explose d’énergie brute, incontrôlable; Guy Vaizman se donne, plus lové sur lui-même et délicat; Celia Hope-Simpson et Martine Lunshof sont des abstractions de chair; Jammal Larbi diffuse une présence douce dans sa masse. De toute évidence, Michèle Noiret sait transmettre sa danse. Pas n’importe laquelle. La chorégraphie complexe, savante sert une danse généreuse et précieuse. L’écriture inspirée de l’oeuvre du graveur Maurice Pasternak, fait surgir d’un monde obscur et labyrinthique des figures hébétées, comme évidées. Et pourtant, c’est à partir d'elles que la chorégraphe réinvente, après décomposition et recomposition, des relations étroites, élégantes et animales. Un travail sur l’appui et son absence, une danse de la renverse.»
Marie-Christine Vernay, Danser,  juin 96


«Avec cette création, Michèle Noiret confirme son sens de la construction. Ce quintette, qui s’organise autour de cinq solos, est une sorte de démonstration de l’écriture pour une compagnie. Pas de distraction, pas de décors, des costumes noirs, unisexe, une lumière raffinée mais froide, ces Plis de la nuit  ne cachent pas un certain goût de l’austérité...Il s’agit en quelque sorte de toujours reconstruire l’unité du groupe en assurant pourtant l’affirmation de l’individualité. Jusqu’au film, mêlant les danseurs et leur image, qui rappelle que l’identité se gagne aussi au risque du reflet. Métaphore...qui fait de la compagnie de danseurs allégorie du corps social tout entier, Les Plis de la nuit  est une grave leçon d’optimisme.»

Philippe Verrièle, Les Saisons de la Danse,  juillet 96

«Les Plis de la nuit est un spectacle fort étrange qui évoque, avec une richesse de langage, la complexe nature des relations entre cinq individus. Comme s’ils ne trouvaient jamais tout à fait leur appui, ou qu’ils refusaient les appuis traditionnels,...les danseurs sont constamment dans un espace du déplacement, individuellement ou en groupe. Désarticulée, décomposée, pour être réinventée dans une langue de l’extrême délicatesse, la danse de Michèle Noiret sait tout aussi bien isoler le détail... que chorégraphier le quintette dans des touchés doigtés, des coups de têtes animaux. Dans les plis d’une nuit sans lune, la chorégraphe invente une danse somnambulique, hébétée, d’une élégance sans apprêt, portée par des danseurs secrets, silencieux, fortement présents...»
Marie-Christine Vernay, Libération, 3 mai 1996


«Par une nuit noire, des errants lunaires. Michèle Noiret crée Les Plis de la nuit, tableau fantastique. Raffiné. Dans un no man’s land poétique et crépusculaire, Michèle Noiret dessine précautionneusement les allées et venues, le rythme et les rencontres impromptues, les unissons aimantés. Elle dessine tout, jusqu’au spasme de la main qui soudain s’évade du corps. Elle décale les gestes du quotidien et combine leur hiatus. Son absence du plateau a mûri le regard de la chorégraphe. Car elle fait preuve d’une belle maîtrise de temps et de l’espace dans lequel elle inscrit sa danse. Elle a horlogé ses tableaux et complexifié les maillons de ses insolites associations. Elle a habillé son plateau d’un écran qui se joue des apparitions et disparitions, qui offre sur sa toile les nuages rapides et l’image fantomatique des danseurs. Elle a travaillé le théâtre collectif de leur étrangeté et leurs personnages d’esseulés à l’esprit ailleurs préoccupé.»
Claire Diez, La Libre Belgique,  27 avril 1996


«Une chorégraphe va à la rencontre de l’univers insolite du graveur Maurice Pasternak. Un troublant voyage...Intriguée par cet univers d’ombres et de lumières fantomatiques, Michèle Noiret lui donne corps sans tomber dans le piège de l’illustration. Exigeant, éminemment personnel, son langage chorégraphique donne naissance à une gestuelle à la fois nourrie d’une technique extrêmement précise et gorgée d’une sensibilité fascinante. Traversé par cinq personnages, l’espace est très subtilement ”éclairé” par Xavier Lauwers, peuplé de musiques de Bernard Parmegiani et David Linx, de bruits angoissants de coassements, de vent qui crisse, de craquements qui harcèlent, de vagues qui déferlent, solitaires...Chaque danseur offre de captivants moments: Emilio Gutiérrez dans son époustouflant solo, Jammal Larbi dans le face-à-face avec son ombre, Guy Vaizman en perpétuelle lutte avec l’engourdissement de l’âme, Martine Lunshof et Celia Hope-Simpson, délicates et inquiétantes exploratrices des limites du corps.»
Christelle Prouvost, Le Soir, 26 avril 1996


«Les Plis de la nuit, de Michèle Noiret est, en matière de danse, le spectacle le plus étonnant et le plus inattendu qu’il ait été donné de voir à Stuttgart ces derniers temps. Un événement surréaliste..., qui déconcerte les spectateurs...Ces étranges tableaux dansés, vibrants de dynamisme sous-jacent, exercent un attrait irrésistible, sans rien livrer d’eux-mêmes...Les danseurs se trouvent, de manière surprenante, dans des ensembles fluides, multipliés grâce à des projections d’images et se fondent en un tout.»
B.K, Stuttgarter Zeitung, 24 mai 1996


 

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