Les Arpenteurs

Création les 2, 3, 4, 5, 6 mai 2007
Théâtre National, à Bruxelles.

L’arpentage, depuis toujours, a lié le corps et l’espace. Quand l’arpenteur mesurait les distances avec son pouce, sa main, son coude, son bras ou sa foulée, il utilisait son corps pour connaître les limites de son espace. Les danseurs des Arpenteurs, la prochaine chorégraphie de Michèle Noiret, ont gardé à l’esprit le sens de cette démarche. Ils s’approprient aussi, à leur façon, l’espace dans lequel ils évoluent par les mouvements de leur corps et l’énergie de leur gestuelle, dans une ville qui laisse voir l’intimité des êtres. Une ville qu’ils arpentent, tantôt solitaires, à la recherche d’eux-mêmes, tantôt dans d’étranges rencontres.

La ville dont il s’agit est une métaphore pour accéder à l’humain, pour interroger sa vie intérieure, ses perceptions, sa sensualité, mais aussi ses failles, ses doutes, ses angoisses. Plus que de simples interprètes, les sept danseurs tentent d’ajouter à leur virtuosité technique une capacité expressive, un rayonnement qui en font de véritables « personnages chorégraphiques ». Ils ne sont pas seuls sur scène. Parmi eux, autour d’eux, les six musiciens des Percussions de Strasbourg interprètent la partition que François Paris a créée spécialement pour ce spectacle. Sa composition ouvre des mondes musicaux d’une étonnante richesse et tire du parc instrumental des Percussions de Strasbourg, formé notamment des fameux « Sixxen » inventés pour eux par le compositeur Xenakis, des sonorités et des accords qui font vivre cette ville imaginaire et les êtres qui la traversent. Danse et musique se mêlent, se répondent et se stimulent.

Visuellement, c’est à une « danse-cinéma » que Michèle Noiret invite le public. Son univers fait naître de l’inconscient une rêverie éveillée où le sens est ouvert. Le spectacle offre des images élégantes et grandioses, en particulier grâce à l’impressionnante scénographie d’ Alain Lagarde, mise en lumière par Xavier Lauwers, qui ont su jouer sur les relations que nouent le « dedans » et le « dehors » de cette ville ouverte, étrange et attirante par ses formes, ses couleurs et les êtres qui y explorent leurs mondes intérieurs.

 

 

 


 

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