DEMAIN

Création les 24, 25, 26, 27, 28 mars 2009 au Théâtre National, Bruxelles

Pièce chorégraphique multiforme pour quatre assistants, un cameraman et une danseuse
Conception, chorégraphie et interprétation : Michèle Noiret

DEMAIN a reçu le Prix de la critique Théâtre - Danse de la Communauté française de Belgique du meilleur spectacle de danse de la saison 2008/2009.

"L’envie monte en moi de dire le malaise mêlé d’étonnement, causé par les spectacles du monde chaotique et violent qui est le nôtre. Je me pose de plus en plus la question de savoir comment ce monde qui m’entoure - et qui m’est si souvent étranger - influence mes créations, sur la forme comme sur le fond.
Certains événements, vécus ou constatés, m’atteignent avec une force insoupçonnée. Il devient difficile de les ignorer. Par exemple, sur tous les continents, les abeilles s’arrêtent de voler, épuisées, et meurent sans que l’on sache quelles étranges communications les lient. Elles ne produisent plus de miel, ne fertilisent plus les végétaux et disparaissent. Ce noble insecte est présent dans nos habitudes, nos images, nos souvenirs et nos mythes. Sa disparition fait naître en moi une émotion que je ne parviens pas encore à nommer.
La mort des abeilles serait-elle une métaphore de notre monde et du destin de notre société?"

Michèle Noiret


Dans la pièce chorégraphique multiforme DEMAIN, créée et présentée au Théâtre National du 24 au 28 mars 2009, Michèle Noiret se laisse habiter par un personnage saisi par l’inacceptable du monde. Ses questions, sa révolte, sa vie intérieure et sa sensualité à fleur de peau, sont au cœur de cette chorégraphie qui tisse des liens entre différentes écritures scéniques. La scénographie d’Alain Lagarde et les lumières de Xavier Lauwers installent le spectateur dans l’ambiguïté d’un laboratoire dont on ignore à quelle expérience il est destiné. Des images prises sur le vif ainsi que de courts films créés par l’artiste Aliocha Van der Avoort, plongent le plateau dans une «danse-cinéma» que Michèle Noiret explore au fil de ses créations. Un sens apparaît comme surgit une question, disparaît, revient métamorphosé. La musique originale développée par les compositeurs Todor Todoroff, Jarek Frankowski, Stevie Wishart transforme et entrelace les textures sonores du deuxième mouvement de la 7è symphonie de Beethoven.

La recherche de la chorégraphe, depuis ses débuts et dans toutes ses variations et métamorphoses, n'a pas cessé d'interroger l'humain, ainsi que, dans leurs multiples dimensions, les êtres. Mais quels êtres ?
Car si le propos de Michèle Noiret est indubitablement ancré dans la réalité actuelle dont elle est une observatrice à la fois tendre et ironique, parfois même incisive, elle cultive un art poussé de la transmutation, de la reformulation et de l'interprétation. Si elle peut prendre son inspiration dans le spectacle du monde, c'est en le métamorphosant dans son imaginaire qu'elle le transformant au contact d'un monde intérieur qui ne laisse rien inchangé. Ce qui en ressort est d'une densité étonnante.

Les êtres, chez Michèle Noiret, cherchent perpétuellement. Ils semblent familiers du labyrinthe, ainsi que l'annonce le titre de sa création en 2005 pour les danseurs de l'Opéra national de Paris. Et c'est bien l'impression qui naît quand on la voit sur scène, elle et ses danseurs : on perçoit qu'ils arpentent, les dédales d'espaces inventés, non sans trouble, étrangeté, obscurité ni angoisse. Car la beauté n'est pas uniquement lumineuse. Elle peut aussi se parer de couleurs sombres et d'aspects nocturnes, se voiler d'inquiétude, exprimer une révolte ou un refus. La beauté saisit chez elle des êtres en proie à leurs désirs et à leurs quêtes, ainsi qu'il est murmuré dans le final du spectacle Les Arpenteurs, suivant un vers du poète Joseph Noiret : "Inexorablement nous marchons les yeux fermés vers l'être que nous sommes".

 


 

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