Territoires intimes - Presse


“Territoires intimes” est une pièce au comble de l’intime, de l’onirisme et de la sensualité. Une pièce lyrique qui suggère de baisser la garde intellectuelle pour céder au pouvoir de fascination de sa fluide virtuosité. Qui fait songer à reconsidérer la notion de beau; et d’adhésion au beau. Et qui conjugue ses sortilèges sur une envoûtante gamme faite de grâce, d’élégance, et de trouble intériorité.”
Gérard Mayen, Mouvement, octobre/novembre 2004

“Présenté dans la salle couverte du complexe sportif du Val de l’Arc, “Territoires intimes”, de Michèle Noiret, enfonce le clou des expérimentations vidéo sophistiquées auxquelles la chorégraphe belge consacre toute son énergie depuis sept ans. Librement inspirée du roman “Les Vagues” de Virginia Woolf, cette pièce piège quatre hommes et deux femmes dans la nasse de leurs sensations intimes, en inadéquation avec leur quotidien.
(...) A travers les images, préenregistrées ou prises en direct (les séquences les plus fortes sont celles filmées et immédiatement projetées), qui apparaissent sur les écrans mobiles, Michèle Noiret fait affleurer les désarrois intimes des uns et des autres, tente de faire vibrer sur le plateau une matière qui serait celle de l’inconscient. Le projet est ambitieux et en partie réussi.”
Le Monde, Rosita Boisseau, le 29 juillet 2004

“Entre souvenirs et réalité, la dernière chorégraphie de Michèle Noiret poétise le geste, déride le mouvement, scrute l’intérieur, conjugue l’image, le son et les corps avec délicatesse et finit par laisser le public longtemps, très longtemps suspendu dans les songes. Remarquables “Territoires intimes”!”
La Marseillaise, Houda Benallal, le 27 juillet 2004

“La pièce “Territoires intimes” s’inspire librement du roman “Les Vagues” de Virginia Woolf et met en scène les pensées secrètes et intimes, les rêves aussi, de chacun des danseurs. Des panneaux coulissants révèlent ou cachent les personnages. Ce jeu des apparitions et disparitions fonctionne bien, comme la danse qui est d’une grande délicatesse, sobre, sans effet. On est autant dans l’espace littéraire que chorégraphique et les personnages fonctionnent comme des héros de roman, en partance, en devenir.”
Libération, Marie-Christine Vernay, le 27 juillet 2004

“ “Territoires intimes” de Michèle Noiret s’inscrit dans la démarche amorcée par la chorégraphe belge depuis “Twelve Seasons” : restituer le rapport des corps au réel et au rêve à travers l’interactivité des danseurs avec le jeu des écrans. L’utilisation des nouvelles technologies est ici très aboutie, les panneaux recevant des images, servant d’ombres ou ménageant les entrées et sorties des interprètes. C’est à partir de leurs souvenirs que s’est construit le spectacle. Dans une gestuelle précise, rapide et pourtant sensuelle, des fragments d’inconscient semblent s’échapper; comme dans l’oeuvre de Virginia Woolf, à laquelle la chorégraphe fait référence et dont quelques mots nous parviennent hachés par la bande son.”
La Provence, Cathy Versini, le 26 juillet 200

“Le principe des “Territoires intimes” proposés par Michèle Noiret est celui de l’espace privé : il s’agit de projeter en mouvements l’univers intérieur de six danseurs personnages. Librement adaptée de Virginia Woolf, la danse de Michèle Noiret possède en effet la même qualité psychologique et joue des mêmes thèmes récurrents : les vagues, les pages lues, l’approche impossible des corps, les mouettes, les chambres, et les minutes qui s’égrènent sans que le temps ne parvienne à passer vraiment. Les interprètes sont magnifiquement subjectifs, les quatre hommes glacés proposant une danse musclée et violente faite de contacts brutaux et de séductions refusées, et les deux femmes jouant l’agacerie, la distance ou l’hystérie dans des gammes expressionnistes très émouvantes. La scénographie est remarquable, faite de panneaux amovibles translucides qui s’ouvrent et battent comme des ailes, restructurant l’espace incessamment, et permettant toutes les projections, les jeux d’ombres, les effacements et les illusions. Des images vidéos captées en direct se superposent à des projections d’images antérieures, donnant une épaisseur temporelle à leurs deux dimensions.”
César, Agnès Freschel, le 14 mai 2004

“Maniant avec toujours plus de complexité et d’aisance les outils technologiques, Michèle Noiret et son équipe offrent des “Territoires intimes” émouvants. Les danseurs semblent nous raconter des fragments de vie, moins sous forme d’anecdotes qu’à travers un prisme de sensations que démultiplient les lumières, les images mêlant passé et présent dans une scénographie mouvante d’écrans tandis que les sons se déplacent sur la scène et dans la salle. Ce monde secret et bruissant éclate parfois sur l’écran en vol de mouettes affairées, point d’orgue d’une méditation sur la vie qui s’écoule. Dans ce flux de sensations, Michèle Noiret insère une fluide “dramaturgie” : le détail d’une robe des années 60, une dose théâtrale, un duo sensuel ou des pas menus rattachent ces choses uniques que les sensations par le fil des souvenirs ou des rêves qui trame le monologue intérieur de chacun et ces délectables Territoires intimes.”
Danser, Bernadette Bonis, mai 2004

“L’ivresse est là pour vous aspirer dans un univers parallèle et trouble, en funambule entre le néant paisible et le gouffre de l’infini.”
Zone 02, AB, 24-30 mars 2004

“Entre la saisie de l'événement et sa réception se révèle aussi le travail de condensation du rêve. Les danseurs perdent pied, glissent, n'accrochent plus, sont poursuivis. La sonorisation est comme perçue de l'intérieur des corps. La superficialité menaçante de la facture plastique de la chorégraphie constitue le reflet essentiel d'un monde en mutation technologique où les désirs échappent et les rêves se parcellisent. (...) Dans ces “Territoires intimes”, il reste la danse, une danse contemporaine moins savante que sensuelle.
Mouvement.net, Mari-Mai CORBEL, Publié le 26-03-2004

“Depuis quelques années, avec “In Between”, “Twelve Seasons” puis la série de “Prospective(s)”, Michèle Noiret explore, en parallèle à son vocabulaire rigoureux et dense, les voies de la technologie. Son interaction avec le mouvement, sa transparence et son mystère aussi, ses moyens discrets et ses grands effets. Todor Todoroff aux compositions électroacoustiques, Fred Vaillant à la vidéo demeurent ses complices, inventant pour et avec la danse des sons proches, des images fortes, mais rien qui se livre sans ambiguïté. Le flou au contraire, la perturbation de la perception font partie de l’expérience. Ca reste passionnant. (...) Un ballet, une ballade plutôt, gracieuse, parfois troublante, voire drôle, autour d’un livre convoité, de jeux de séduction, de rires, d’inquiétudes, de complicités, d’ombres. (...) Il s’agit de souvenirs, de songes, de sentiments habités par une danse précise et vive, dans un univers formel aux contours toujours énigmatiques.”
La Libre Belgique, Marie Baudet, le 26 mars 2004

“Le spectacle est à la fois dense et fluide : on pénètre dans l’intimité des personnages par le jeu de l’image, du son, de la caméra. On passe de l’autre côté du miroir, on se perd dans les méandres de l’âme, la tension est perceptible. Un spectacle qui, sous une apparente simplicité, cache des prouesses technologiques.”
La Tribune de Bruxelles, Martine Dubois, le 25 mars 2004

“Sonder les tréfonds de l’homme, pour mieux en faire ressortir toutes ses contradictions les plus intimes...Telle est l’obsession qui plane sur l’essentiel des chorégraphies de Michèle Noiret, sans doute l’un des plus grands talents de notre Communauté française. Pourtant, l’artiste réussit à chaque fois à vous emporter vers de nouvelles contrées, où les senteurs sont résolument griffées Noiret, mais où la faune et la flore sont à redécouvrir...
(...) Michèle Noiret, c’est aussi un recours aux nouvelles technologies de façon à la fois discrète et très efficace. Une utilisation qui vous offre un autre monde scénique, où plateau et gradins viendraient se joindre, pour nous livrer un cocktail d’émotions jusqu’à la confusion des sens. Sur scène, un décor apparemment simple, mais au potentiel de configurations complexes : deux larges diptyques, dont chacune des quatre surfaces peut pivoter sur 360 degrés et servir tout autant d’écran vidéo, de voile pour jeux d’ombres chinoises et d’étrange “placenta”. Tout commence de manière vive, acérée : une succession de flashes incisifs pour la plupart. Un bruit sourd s’installe ensuite, vous prend et vous enferme: vous voilà prêts pour un voyage régulièrement halluciné au coeur de l’âme humaine, apeurée par la solitude et malmenée par la crainte de l’autre. L’ensemble est régulièrement magnétique, trouble et torve à la fois!”
La Capitale, Olivier Hespel, le 24 mars 2004

“Un spectacle dans le droit fil de ses créations précédentes mais qui surprend surtout par son utilisation du texte et son côté cinématographique. Un étourdissant carrousel d’apparitions et de disparitions ouvre ce spectacle qui utilise une nouvelle fois une série de grand panneaux mobiles servant à la fois à architecturer l’espace et à diffuser les images filmées en direct.
(...) Le travail vidéo de Fred Vaillant débouche sur quelques scènes d’anthologie rappelant l’univers oppressant de David Lynch ou d’Alfred Hitchcock. Aussi déroutant que fascinant, “Territoires intimes” nous entraîne dans un univers mystérieux, aborde les grandes angoisses de l’être humain et n’hésite pas à faire appel au burlesque pour faire passer le propos. On y retrouve bien sûr aussi des images magnifiques de corps dont on ne sait plus s’ils sont sur scène, sur l’écran ou, littéralement, dans l’écran . Tout un travail qui s’est construit au fil de plusieurs spectacles plus réduits rassemblés sous le titre de “Prospective(s)”. (...) Ca et là, on retrouve les distorsions de voix, de bruits qui, transformés en direct par le biais d’un ordinateur, deviennent une bande sonore étrange et inclassable. (...) Les écrans fixes des débuts sont devenus mobiles par la suite et peuvent désormais pivoter en tous sens, créant une architecture déroutante où les espaces se font et se défont, laissant apparaître les danseurs, les enfermant, les escamotant... (...) Au delà de l’utilisation de caméra filmant certaines séquences en direct, “Territoires intimes” est sans doute le spectacles le plus cinématographique de Michèle Noiret.”
Le Soir, Jean-Marie Wynants, le 24 mars 2004

 

 

 


 

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